Mon Aventure Photographique

Nous sommes dans les années 70.

Jeune photographe parisien, je suis installé près du Panthéon dans un atelier d’artiste baigné de lumière. Sous ces verrières,Alphonse Poitevin a inventé en 1851 le procédé charbon et la gomme bichromatée initiant le courant de photographie pictorialiste et la lithographie ouvrant la voie à l’imprimerie.

Je passe mes journées à imaginer de nouvelles techniques pour fabriquer des images (la photographie inaltérable sur coton par exemple) et à revisiter les anciens procédés.

Intéressée par mes recherches, la Bibliothèque Nationale me demande de venir faire une démonstration dans ses jardins de la rue de Richelieu. Elle conserve un fonds important de négatifs sur papier (calotypes) dont on ne connaît pas d’images positives.

Je me souviens parfaitement de ce jour.

C’était un jeudi du mois de mai 1979 et il était environ 10 h quand le conservateur des estampes et de la photographie me présente un calotype d’Henri Le Secq en me disant "il est un peu abimé et sera parfait pour cette démonstration" . Je suis resté immobile, comme pétrifié, sentant un bouillonnement dans mes veines. Le tumulte s’est apaisé laissant place à un calme immense. J’allais tenir entre les mains l’œuvre de l’un des plus grands photographes, l’un des cinq de la Mission Héliographique de 1851.

J’étais comme un interprète à qui l’on allait mettre entre les mains une partition originale d’une œuvre de Chopin en lui disant "elle est un peu effacée, froissée par endroit mais montrez nous comment il aurait pu l’interpréter". Reprenant mes esprits, j’ai exécuté l’œuvre en deux exemplaires sur papier albuminé viré à l’or.

Quelques mois plus tard, la Bibliothèque Nationale me confiait une commande beaucoup plus importante.

Il s’agissait de réaliser les tirages, toujours avec les procédés d’époque, du premier reportage réalisé à Lyon et dans le Dauphiné entre 1855 et 1860. Cet ensemble a donné lieu à une première exposition dans la galerie de la rue de Louvois suivie d’une autre à Lyon cette fois, à l’Institut Lumière.

C’est à ce moment que mon nom est apparu dans l’Histoire de la Photographie et que je suis devenu Lauréat de la Fondation Nationale de la Photographie.

Depuis ce jour, j’observe chaque matin le mouvement de la lumière et les ombres colorées, ce sont eux qui commandent mon travail.

Les photographies que je présente sont des tirages signés en nombre limité.
Je les réalise sur différents supports sans dépasser 30 exemplaires tous formats confondus. Elles possèdent un certificat d’authenticité et le statut d’œuvre d’art.